Critiques faites maison et en français des spectacles de l'Opernhaus de Zürich. Si vous n'êtes pas bilingue, ça va plus vite que de les lire en allemand

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dimanche 16 juin 2024

Bizet - Carmen

Opéra-comique en quatre actes de Georges Bizet, sur un livret d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy, d'après Prosper Mérimée (1875)

Direction : Gianandrea Noseda - Mise en scène : Andreas Homoki

Opernhaus Zürich, 10 avril 2024


Carmen (Marina Viotti), Don José (Saimir Pirgu), Escamillo (Łukasz Goliński) et Micaëla (Natalia Tanasii) - Crédit photo: Monika Rittershaus / Opernhaus Zürich


En un mot: du côté de ses pompes


Carmen, sa gitane effrontée et sans filtre, son Don José, son air du toréador (et son toréador), sa partition ultra-connue qui fait vibrer les foules à peu de frais ! Ce serait du snobisme que de dire qu’on n’aime pas Carmen, Carmen, c'est chouette, et les places partent vite une fois en vente. Si l’enthousiasme du public est évident, on peut imaginer que les metteurs en scènes, chefs d’orchestre et interprètes abordent une telle production avec plus de circonspection. En effet, monter l’opéra le plus joué au monde les confronte à un dilemme : comment éviter l’ennui, la répétition ? Comment apporter quelque chose de nouveau et justifier une nouvelle mise en scène ? Peut-on moderniser Carmen, reste-t-il quelque chose dans la partition ou le livret qui nous ait jusqu’à présent échappé ? Après tout, Carmen, récit d’un féminicide, peut trouver une résonance aujourd’hui. Voici ce à quoi se sont attaqué le chef d’orchestre et le metteur en scène maison de l’Opernhaus, Gianandrea Noseda et Andreas Homoki, tout juste sortis d’un cycle du Ring très réussi.


Carmen 2024


Au premier abord, on peut imaginer comment faire de Carmen un récit de notre temps: Carmen, femme revendiquant sa liberté et son indépendance dans une société patriarcale. Les hommes, Don José, Escamillo, Zuniga, dégoulinant de masculinité toxique, incapables d’agir autrement que pour prouver leur virilité. Carmen serait-il plus qu’un simple opéra comique dans un cadre espagnol un peu exotique? Deux écueils se placent en travers d’une lecture moderne: le premier, c’est le livret lui-même. Henri Meilhac et Ludovic Halévy, les librettistes, ne sont pas Zola et Flaubert, si leur livret fit un peu scandale du fait de l’amoralité des personnages, et si Carmen état plus réaliste et sombre que l’opéra comique de l’époque, on n’est pas devant Madame Bovary, ni même Cosi fan tutte. Meilhac et Halévy font preuve d’assez peu d’empathie pour Carmen, Don José étant une figure presqu’aussi tragique que sa victime. Enfin, si Carmen n’est pas un opéra terriblement compliqué, c’est un opéra terriblement bien conçu, qui domine le metteur en scène et impose naturellement un certain nombre de choix de mise en scène: il est facile de se laisser guider, mais il est beaucoup plus difficile de sortir du cadre et de proposer quelque chose en dehors.


C’est la seule explication que je trouve pour expliquer ce qui est, à mes yeux, un échec. Non pas que l’on passe une mauvaise soirée, non, et c’est à mettre au crédit de Bizet: on ressort avec un sentiment d’ennui et d’indifférence, l’impression que l’oeuvre restait plaisante en dépit de Noseda et d’Homoki, mais que tout cela était un peu à côté de la plaque.


De grands coups de tambour battant


Gianandrea Noseda fait jouer vite, trop vite, on enchaîne les notes comme les lettres sur une machine à écrire, mécaniquement, sans laisser de place pour un quelconque accent, vibrato, ou souffle. C’est comme si Noseda faisait l’impasse sur les qualités musicales qui placent Carmen au-dessus d’une banale opérette. Le chœur des gamins en est un bon exemple : si l’air (« Avec la garde montante ») évoque évidemment une marche militaire, Bizet s’en détache, s’en joue et s’en moque, et en fait quelque chose de beaucoup plus mélodique et gouailleur qu’une simple marche militaire, ce que l’accompagnement au fifre souligne. Noseda fait chanter le chœur d’enfants (au demeurant excellent) en insistant outrageusement sur le rythme de marche, ce qui casse toute la mécanique mélodique de Bizet puisque le résultat est terriblement haché. Autant faire chanter les chœurs de l’Armée rouge. L’air entier devient un grand gâchis, ainsi que quelques autres passages; pour le reste, on a l’impression d’entendre une mauvaise captation de Carmen, sans nuance, sans relief… Si l’ambition de Noseda était de faire sonner Bizet comme du Franz Lehar, c’est réussi, mais à tout prendre, on aurait surtout apprécié d’entendre Carmen ressembler à Carmen.

 

Les choix de Noseda limitent les opportunités des interprètes de briller, il y a donc peu de choses à reprocher à la distribution, mais les occasions de distribuer des bons points sont rares elles aussi. Natalia Tanasii est très bien dans le rôle toujours ingrat de Micaëla. Łukasz Goliński se tire avec les honneurs du rôle d’Escamillo, même s’il force un peu le trait côté « général d’opérette ». Marina Viotti dans le rôle-titre livre une prestation techniquement convenable mais qui laisse indifférent et est en dessous de ce que la partition permet, en dessous aussi de ce que le personnage devrait être, jamais sa voix ne développe suffisamment d’ampleur pour rendre tangible le pouvoir qu’elle exerce sur les hommes qui l’entourent. Saimir Pirgu est en revanche un Don José de qualité, c’est le seul qui parvienne à susciter l’émotion – un comble que le meurtrier parvienne à émouvoir quand la victime laisse indifférent ! Il rend palpable la détresse d’un homme perdu qui essaye vainement de freiner sa chute, et porte à lui seul tout l’axe tragique de l’œuvre.


Essouflement


La mise en scène d’Andreas Homoki, tout juste sorti de son cycle Wagner, parvient-elle à faire oublier l’indifférence polie qu’on ressent pour la musique ? Hélas, non, et comme pour la direction, l’impression qui domine est qu’Homoki est passé à côté de son sujet, et n’a pas su choisir entre plusieurs pistes, ce qui conduit à une mise en scène molle, sans idée directrice forte. Dans le premier acte, Homoki semble lancer plusieurs ballons d’essai. Tout d’abord, Don José en civil, lisant la partition sur scène, avant de se faire faucher ses vêtements par les gamins, puis d’enfiler un uniforme de soldat. Pourquoi ? No lo se, comme on dit près des remparts de Séville. Ensuite, on se demande si Homoki ne veut pas surfer à gros trait sur la vague #metoo : la visite de Micaëla à la caserne manque de tourner à la tournante, avant que Micaëla ne s’échappe par une pirouette ingénieuse, un coup de genou dans les valseuses du brigadier Moralès. Un contresens par rapport au livret, si l’on reste charitable. Heureusement la mise en scène ne persévère pas dans cette voie, pas plus que sur la vague évocation d’une Carmen façon domina avec le pauvre Don José en laisse à ses pieds. Dieu merci, c’est fugace. Passées ces différentes tentatives, à partir du deuxième acte, la mise en scène semble perdre toute ambition (mal placée ou non), et se contente de suivre platement les didascalies. Ajoutons à cela un décor minimaliste et triste, typique des mises en scènes d’Homoki, il en résulte une Carmen très morne.



Il est très surprenant de voir Carmen aussi fade, sur tous les plans. Je ne m’explique le résultat que comme une tentative de se démarque, de faire différent, sans trouver les ressorts nécessaires pour dépasser ce qu’offrait la partition et le livret. Noseda et Homoki échouent dans leur tentative de sortir du cadre et des conventions. Comme leur Don José.



Swann




mercredi 14 décembre 2016

Weber - Der Freischütz & Mozart - L'Enlèvement au sérail

Au printemps dernier, j’avais écrit sur ces pages pis que pendre d’Herbert Fritsch pour sa mise en scène abominable de King Arthur, c’était donc avec un certain effroi que je découvrais que le premier opéra de la saison, Der Freischütz, lui était confié. J’étais en revanche nettement plus enthousiaste pour L’enlèvement au sérail de Mozart, œuvre que j’avais à cœur de voir montée. Nonobstant mes récriminations, je décidais de continuer à jouer le jeu pour la saison 2016-2017 et de me reprendre un abonnement, d’aller vaillamment à tout, le bon comme le mauvais, ce que l’Opernhaus nous proposait de neuf cette saison. C’est l’avantage des abonnements, ils nous tirent des sentiers battus, nous poussent vers des œuvres vers lesquelles nous ne serions pas allés de nous-même, et nous réservent parfois des surprises.

Der Freischütz - Opéra en trois actes de Carl Maria von Weber, sur un livret de Johann Friedrich Kind (1821)

Direction : Marc Albrecht - Mise en scène : Herbert Fritsch

Opernhaus Zürich, 21 septembre 2016



Max (Christopher Ventris) - Crédit photo : Hans Jörg Michel


En un mot : un toilettage efficace


Der Freischütz est un opéra romantique de Carl Maria von Weber créé en 1821 à Berlin. On y raconte les aventures du pauvre Max, chasseur, qui doit réussir pour obtenir la main de son aimée un concours de tir. Craignant d’échouer, il se laisse convaincre par Kaspar de forger des balles magiques, ruse de Kaspar, qui a vendu son âme au diable Samiel, et qui compte sur ce tour pour livrer Max à Samiel. Tout finira bien, Max se marie à Agathe, Kaspar est tué par sa propre balle magique, l’ordre et l’harmonie sont rétablis dans la forêt. Soyons francs : on a fait mieux, comme livret. C’est de l’opérette pastorale chez les braves paysans, et tout cette histoire n’est pas bien intéressante.

Herbert Fritsch est du même avis, mais au lieu d’attaquer à la masse de démolition l’œuvre comme pour King Arthur, dans l’espoir que les gravas seront plus intéressants, il choisit fort heureusement une approche plus fine, plus subtilement subversive et finalement très efficace. Il colle au livret cette fois-ci, mais prend un peu de distance et ajoute une certaine ironie dans le traitement d’un texte sinon passablement niais et ennuyeux. Ainsi, le village des braves paysans ressemble à un village-jouet abstrait, avec de grandes formes géométriques figurant une maison, une église. Les costumes de Victoria Behr, assez jolis (un très grand progrès comparé au concours de laideur entre ses costumes pour King Arthur), sont de même des versions outrées, parodiques, des costumes de chaque personnage. Chacun des personnages, caricature vivante dans le livret (le vieux forestier, le brave chasseur, la frêle jeune fille, le bon prince…) sont gentiment tournés en ridicule par leur costume et leur jeu, sans pour autant dénaturer les personnages. Non, il s’agit juste de ne pas prendre le livret avec trop de gravité ou de sérieux, il ne le mérite pas vraiment. Aussi, Fritsch fait du démon Samiel (Florian Anderer), qui n’apparait théoriquement que très rarement, un ressort comique : tout le temps sur scène mais invisible aux personnages, c’est un grand personnage souriant avec une barbe à la Méphistophélès habillé d’un juste-au-corps, d’une cape et d’un chapeau rouge vif, doté d’une queue fourchue qui traîne par terre derrière lui, qui se balade, grimpe sur le décor et fait le pitre, en attendant que le malheur s’abatte sur les personnages. Dans un opéra sérieux, ça ne marcherait pas, mais voir Samiel tenter de libérer sa queue, pendant un chœur un peu longuet, du personnage qui a mis le pied dessus, est assez jubilatoire et offre une respiration bienvenue. Le succès de cet effet doit beaucoup au talent de mime et pour l’humour visuel de Florian Anderer, très drôle. La mise en scène n’est pas géniale pour autant, certes, et on peut douter de la capacité de Fritsch à monter des œuvres plus sérieuses et de plus grande envergure s’il leur applique la même recette, mais elle demeure tout à fait plaisante : il a su faire preuve à raison de plus de retenue, sa mise en scène est moins invasive et nettement mieux dosée,  on peut juste se plaindre qu’il en fasse encore un poil trop. Samiel est ainsi un peu trop employé, et distrait à quelques moments par ses élucubrations de la musique, pourtant très agréable.
Musicalement, je me suis découvert un grand amour pour la partition de Weber, une très élégante synthèse entre Mozart et Beethoven, très bien dirigée par Marc Albrecht, et servie par une très bonne distribution, Christopher Ventris en tête dans le rôle de Max. C’était donc, pour moi une très bonne surprise ce soir-là.




L'Enlèvement au sérail - Singspiel en trois actes de Wolfgang Amadeus Mozart, sur un livret de Gottlieb Stefanie (1782)

Direction : Maxim Emelyanychev - Mise en scène : David Hermann

Opernhaus Zürich, 11 novembre 2016


Konstanze (Olga Peretyatko) & Bassa Selim (Sam Louwyck) - Crédit photo : T + T Fotografie / Tanja Dorendorf

En un mot : une perte de temps


En revanche, j’ai renoué avec mes vieilles habitudes dès la deuxième production de l’année, en partant à l’entracte de l’Enlèvement au sérail de Mozart, dans une mise en scène indigente de David Hermann, et sous la direction contestable de Maxim Emelyanychev.


Musicalement, on est devant ce que j’ai baptisé en mon for intérieur « l’effet cassette », en souvenir du son grésillant et sans ampleur du magnétophone sur lequel tournais sempiternellement la même cassette fatiguée de concerto de Mozart pendant les vacances. Concrètement, cela donne une direction molle, sans dynamique, aux attaques imprécises, l'orchestre La Scintilla brillant par son absence de relief et de netteté : autant s’écouter un bon enregistrement sur CD à la maison. Ni Pavol Breslik en Belmonte, ni Olga Peretyatko en Constanze, ni le reste de la distribution ne sont à jeter aux orties, mais aucun ne convainc.

Côté mise en scène, David Hermann n’a aucune idée de mise en scène proprement utile, rien ne vient réellement porter l’intrigue, ses seuls apports sont des gadgets qui n’apportent rien (les janissaires remplacés par des femmes en tchador) ou nuisent à la mécanique dramatique (une scène dans un restaurant où les convives se plaignent du bruit que font les solistes, des changements de décor en veux-tu en voilà à n’y plus rien comprendre). La seule idée potentiellement intéressante consistait à apparier les personnages en paire maître-serviteur, et en habillant et maquillant les interprètes de chaque paire de manière semblable. Un moyen intéressant de pointer la symétrie entre le monde des nobles et celui des serviteurs, que l’on retrouve presque toujours chez Mozart en particulier. Las, Hermann se contente juste de faire entrer et sortir les personnages de la scène au hasard, sans respect pour le livret. On a l’impression qu’Hermann ne sait pas vraiment mettre en scène (de fait, il y a très peu de jeu de la part des personnages « actifs » dans chaque scène), et se contente de noyer le poisson dans des artifices sans intérêt et qui rendent l’œuvre illisible.

A endurer une interprétation médiocre dans une mise en scène lourde et sans intérêt, j’ai donc décidé qu’il y avait meilleur usage à faire de mon temps qu’en endurer 90 minutes de plus.




Swann




lundi 1 août 2016

Rétrospective 2015-2016 / Cérémonie des Marcels

Marcel Proust, parrain de la cérémonie des Marcels à son insu


Si la pause estivale laisse le temps de faire la rétrospective de la saison écoulée, c’est aussi, du moins sur Opernhaus VF, la saison des prix, avec notre grande Cérémonie des Marcels 2016. Les Marcels d’Or et d’Argent couronnent le meilleur de ce que nous avons vu et dont j’ai fait la chronique sur ce blog au cours de la saison écoulée. Ils s’accompagnent aussi d’une distribution de bonnets d’âne, les Marcels de Plomb, invitations amicales aux récipiendaires à donner une nouvelle direction à leurs petites carrières. Le jury des Marcels se compose de votre serviteur Swann, d’une bonne théière de thé Mariage Frères (thé noir, du Yunnan impérial), et de l’ordinateur portable sur lequel j’écris ces lignes.

C'est la gloire !


Une année est un temps finalement assez long, pendant laquelle on a le temps de voir beaucoup et sans doute trop : 21 articles ont été posté sur ce blog au cours des douze derniers mois relatant concerts, ballets et opéras. Face à cette abondance relative, il semble nécessaire de revenir quelques peu sur nos pas. C’est l’objet des Marcels, distinguer ce qui valait franchement le coup d’être vu, et qui mérite notre attention et une prise de risque la prochaine fois que nous voyons son nom à l’affiche.

C’est la honte !


A l’inverse, pourquoi distinguer aussi le mauvais ? Il y a certes pour moi une dimension cathartique, mais ce n’est pas l’objet. S’il est évident que des sensibilités différentes existent, qu’un même spectacle peut plaire ou déplaire selon les personnes, il existe aussi pour moi des absolus, à savoir des spectacles ou des éléments de spectacles objectivement mauvais. Malheureusement, ce genre de choses n’est dénoncé que trop rarement par les pages culturelles de la presse, qui ne semble pas avoir le courage de se mettre quelques personnes à dos en écrivant noir sur blanc qu’une mise en scène est nulle. Ou bien, si c’est le cas, le journal concurrent dira l’exact opposé (les deux grands quotidiens zurichois se contredisent presque pour chaque opéra). Mon but est donc de pointer un index accusateur et vengeur sur l’objectivement nul et sur les faussaires qui profitent des idiosyncrasies de la presse, de sa parfois coupable indulgence, pour continuer à dégouter les spectateurs d’avoir une vie culturelle un peu plus ambitieuse que la première de Magic Mike XXL au Corso.

Concerts


Bernard Haitink

Marcel d’Or – Concert classique 


Solistes : Camilla Tilling et Christian Gerhaher
Chœur : Zürcher Sing-Akademie
Direction : Bernard HaitinkTonhalle-Orchester Zürich

Bernard Haitink livrait une interprétation magistrale du requiem de Brahms, et en faisait vraiment ce requiem humain souhaité par Brahms. Une grande émotion.


Lionel Bringuier
Crédit photo : Priska Ketterer

Marcel d’Argent – Concert classique


Erik Satie – Gymnopédies I & III, orchestration par Claude Debussy
Direction : Lionel BringuierTonhalle-Orchester Zürich

C’est une œuvre courte et d’une moins grande ampleur, mais la version pour orchestre des Gymnopédies d’Erik Satie, dirigée par Lionel Bringuier, est désormais l’un des plus beaux morceaux pour orchestre que je connaisse (la partition originale pour piano, interprétée par Aldo Ciccolini, étant l’un des plus beaux morceaux pour piano que je connaisse).

Marcel de Plomb – Concert classique


Direction : Herbert BlomstedtTonhalle-Orchester Zürich

Un grand chef qui massacre à la limite du reconnaissable Grieg et Dvorak, et entrecoupe d’un concert de dissonances et d’expérimentations lourdingues sur un pauvre piano qui n’avait rien demandé. Les musiciens non plus, et ils semblaient plus peinés que moi.

Marcel spécial


Kraftwerk - Computer Love (MoMa - New York) 
Kraftwerk – KKL Luzern


Stricto-sensu, ce n’est pas de la musique classique, même si leur recherche artistique et formelle se rapproche plus du classique que de la pop à mes yeux. Toujours est-il que les concerts de Kraftwerk sont une expérience audio-visuelle, artistique, fascinante et en constante évolution. Ruez-vous sur les billets de leurs rares concerts si l’occasion se présente.







Ballet


Marcel d’Or – Ballet


Alexander Jones & Katja Wünsche - Crédit photo : Gregory Batardon
Aria
Chorégraphie de Douglas Lee
Katja Wünsche et Alexander Jones
















&

Viktorina Kapitonova & Manuel Renard - Crédit photo : Gregory Batardon

In the middle, somewhat elevated
Chorégraphie de William Forsythe
Ballet Zürich














William Forsythe développe une grande maestria dans son exercice de déconstruction des codes du ballet. Douglas Lee, en utilisant les mêmes codes que Forsythe détourne, et en visant la simple recherche esthétique, parvient à un résultat plus simple mais tout aussi frappant, peut-être plus, et d’une très grande beauté.


Marcel d’Argent - Ballet

Jan Casier, Filipe Portugal & Manuel Renard
Crédit photo : Judith Schlosser

Chorégraphie de Christian Spuck
Ballet Zürich



Dommage que la première partie soit si ennuyeuse, la deuxième est d’une intensité et d’une qualité rare.









Marcel d’interprétation – Ballet


Anna Khamzina dans Der Sandmann - Crédit photo : Carlos Quezada
Katja Wünsche & Anna Khamzina

La prestation d’Anna Khamzina en Olimpia dans Der Sandmann méritait d’être distinguée, étant la seule à nous tirer de la lourde torpeur dans lequel Christian Spuck plonge le spectateur dans sa chorégraphie, par sa magnifique interprétation.

N’étant absolument physionomiste, je reconnais pourtant Katja Wünsche sur scène dès qu’elle danse : l’accompagne systématiquement sur scène une aura qu’elle est la seule à posséder. Une précision, une qualité d’exécution, une élégance du geste qui ne sont propres qu’à elle.







Marcel de Plomb – Ballet


Chorégraphie de Marius Petipa, Lev Evanov et Alexei Ratmansky
Ballet Zürich

Il a beau s’être joué à guichets fermés avec une reprise la saison prochaine, il n’en reste pas moins que le Lac des cygnes n’était pas bien intéressant. Non pas du fait de ses interprètes, tous très bons, mais simplement parce que la machine à remonter le temps d’Alexander Ratmansky ne présente qu’un intérêt limité, si ce n’est qu’en tant que curiosité historique ou que conservatoire des techniques… La danse a évolué en 150 ans, et pour le mieux. Si vous aimez la danse, il y a plus intéressant à voir. Ceci dit, ce n’est pas mauvais, juste très ennuyeux, ce qui finalement positif si c’est le pire que le Ballet de Zürich a à nous montrer.

Opéra


Marcel d’Or – Opéra

Marcel de la mise en scène

Marcel des décors

Marcel des costumes

Mimi (Guagun Yu) & Rodolfo (Michael Fabiano)
Crédit photo : Judith Schlosser 

Direction : Giampaolo Bisanti
Mise en scène : Ole Anders Tandberg
Décor : Erlend Birkeland
Costumes : Maria Geber

Il y a ces occasions trop rares où on ne trouve rien à critiquer. Musicalement, sur les interprètes ou sur la mise en scène. Une mise en scène inspirée, originale, enlevée, géniale. Et sur les aspects techniques, enfin ! Un décor complexe, riche, beau, sans scène qui tourne comme un manège ou plancher incliné sans raison. Il en va de même pour les costumes, beaux et très justes, qui participent avec le travail sur le décor du succès de cette production, qui est rentrée immédiatement dans mon panthéon personnel à côté de la mise en scène de Don Giovanni par Michael Haneke à l’Opéra de Paris, il y une bonne dizaine d’années.













Marcel d’Argent – Opéra

Anne Ratte-Polle, Ivana Rusko, Scott Hendricks, Claire de Sévigné
Crédit photo : Tanja Dorendorf 

Direction : Gabriel Feltz
Mise en scène : Sebastian Baumgarten












&

Ruben Drole & Deanna Breiwick
Crédit photo : Hans Jörg Michel

Direction : Fabio Luisi
Mise en scène : Tatjana Gürbaca


















Die Hamletmaschine était la prise de risque du programme 2015-2016, l’accueil publique fut hélas mitigé. Dommage pour une œuvre intéressante et exigeante, intelligemment mise en scène et en musique.
La reprise de la mise en scène de la Flûte enchantée par Tatjana Gübarca, dont j’avais apprécié l’Aïda la saison passée, était une soirée très plaisante : bien interprétée et dirigée, avec une mise en scène qui dynamisait un livret plutôt connu pour ses longueurs. Dommage pour la pauvreté des décors et des costumes.

Marcel d’interprétation – Opéra

Evelyn Herlitzius - Photo Opernhaus Zürich

Evelyn Herlitzius (Elektra dans Elektra de Richard Strauss)

Dans ce qui est sinon un naufrage, Evelyn Herlitzius semble léviter au-dessus de la scène (sauf au début, où le metteur en scène la fait ramper) et livre une démonstration magistrale dans l’un des rôles les plus exigeants du répertoire lyrique.













Marcel de la direction musicale - Opéra

Fabio Luisi - Crédit photo : Monika Ritterhaus

Fabio Luisi (la Flûte enchantée)

Une direction musicale inspirée de la partition de Mozart par le directeur musical de l’Opernhaus.











Marcel de Plomb – Opéra


Direction : Daniele Rustioni
Mise en scène : Christoph Marthaler

Mise en scène débile et contente d’elle, interprètes aux fraises, chef d’orchestre parti cueillir les champignons, orchestre à la ramasse. Rien à sauver.

Petit Marcel de Plomb – Opéra


Direction : Lothar Koenigs
Mise en scène : Martin Kusej

Sauvé par Evelyn Herlitzius, le seul mérite de Martin Kusej étant de la laisser faire son travail en paix, pendant qu’il fait absolument tout et n’importe quoi derrière elle. A l’exception d’elle et de Michael Laurenz, le reste de la distribution oscille entre le médiocre et le consternant.

Marcel de Plomb de la mise en scène


Direction : Laurence Cummings
Mise en scène : Herbert Fritsch

« Oh, c’est dommage que vous soyez parti avant l’entracte pour King Arthur. »
- Je n'en pouvais vraiment plus et c'était sans espoir.
- Oh, mais vous savez, c’était mieux après l’entracte !
- ça ne pouvait pas vraiment être pire, non ?
L’ouvreuse a préféré ne pas répondre à cette dernière question.

Marcel de Plomb du décor


Michael Levine (Wozzeck) & Henrik Ahr (I Puritani)

Les décors les plus inintéressants de la saison sont ceux des deux mises en scène d’Andreas Homoki. On y trouve des similitudes frappantes : c’est laid, fade, pauvre, ça bouge mais ça n’apporte rien si ce n’est compliquer la vie des interprètes. Soyons indulgents avec les décorateurs, l’idée de départ doit venir du metteur en scène pour les deux décors. Mention spéciale pour les 4 grands cadres jaunes de Wozzeck. Au moins, ça n’a pas dû couter cher.

Marcel de Plomb du costume


Victoria Behr (King Arthur)

Les costumes de Victoria Behr pour King Arthur sont une violente agression visuelle. A sa décharge, les costumes sont assez dans le ton du dégueulis de mise en scène d’Herbert Fritsch, la laideur et les couleurs criardes sont, espérons, intentionnelles.



A la saison prochaine,



Swann